Un week-end en Toscane (partie 1: Sienne)

J'avais dit dans quelques-uns de mes derniers mails que je raconterai mon week-end en Toscane... Chose promise, chose due, voilà le récit !

Petit rappel historique, pour situer un peu la chose : la Toscane, c'est le berceau de la Renaissance italienne (il Rinascimento comme on dit ici), le coeur de la culture italienne. La plupart des grands peintres de la Renaissance sont nés en Toscane (Leonardo da Vinci, Michelangelo, Botticelli...) La langue italienne qui est parlée aujourd'hui dans tout le pays, c'est le dialecte toscan, propagé par tous ces écrivains de la Renaissance (Dante et la Divina Commedia, Boccaccio et le Decameron, Machiavelli et Il Principe...) qui sont nés dans cette magnifique région.

Au programme du voyage : Sienne, Florence et Pise. Trois villes que j'avais déjà vues, mais que j'avais vraiment envie de revoir. Même après ce voyage, je suis restée sur ma faim ! Prochaine fois, je me suis promise d'y rester plus longtemps (des vraies vacances en Toscane, m'sieur le banquier tu pourras fermer les yeux ?)
Il faut dire, quasiment 200 Erasmus qui bougent d'un coup, ça fait une énorme organisation, et justement l'organisation n'était pas à la hauteur...
Sienne, où nous devions arriver vers 14h30 d'après le programme, paraissait pleine de promesses... Dommage, à force d'attendre quelques ****** de filles qui se faisaient un ravallement complet de façade en prévision de la sortie en boîte le soir, nous sommes arrivés à 17H30, et la nuit est tombée vers 19h. Autrement dit : le Duomo était plongé dans le noir, les rues étaient sombres, l'architecture invisible.
Première étape, la piazza del Campo, célèbre pour sa forme de conque, son Palazzo Communale et le Campanile (qui était à l'époque une des tours les plus hautes d'Italie), et sa fontaine Gaia (fontaine de la Joie) extrêmement ornementée.
Quelques images :
Le palazzo communale et son campanile
La fontaine Gaia

Le crépuscule tombait, je me suis dépêchée d'aller voir le Duomo, et c'était une cruelle déception que de ne pas profiter de la beauté du lieu. Pour donner une idée :
Et enfin, je suis allée dans le musée de l'Opera Metropolitana (non non, pas l'Opéra où on chante, l'opera au sens de "oeuvre"). J'avoue, je suis entrée un peu au hasard dans le plus proche musée encore ouvert (il était 19h, fermeture à 19h30), et j'ai eu une chance incroyable. Le musée en lui-même était pas mal (sachant que faire une demi-douzaine de salles en 15min, c'est pas assez pour apprécier...), mais surtout, il y avait le "panorama". On m'annonce que je n'ai plus que 10min pour y aller : je me précipite, appareil photo à la main, et voilà la vue (désolée les photos ne sont pas de très bonne qualité) :
Le Duomo
La Piazza del Campo

Une vue superbe sur la ville... Vraiment, c'était une bonne surprise !!

Aperitivo !

L'aperitivo, une coutume typiquement milanaise...
Lorsque je suis arrivée à Milano, je me suis demandé : "mais les milanais, ils ne mangent pas le soir ou quoi ?" Impossible de trouver un resto pour le soir, et pourtant les milanais sont tous dehors : les bars ne désemplisent plus à partir de 18h !
La clef du mystère : l'aperitivo. Le principe est simple : on va dans un bar, on achète une boisson (compter entre 3,50€ et 5€ la bière, un peu plus pour les cocktails), et on a accès à un buffet à volonté. Le buffet dépend du bar, il s'agit de bien choisir pour ne pas se battre pour trois chips. Dans certains bars, c'est le festin : salades de crudités, salades de pâtes, salades de riz, mini-sandwiches, charcuterie, pizza, focaccia, viandes, légumes, et même gâteau pour le dessert !
En général, l'happy hour dure de 18h à 20h, mais les bars proposant les plus grands buffets finissent plus tard.
Autrement dit, on oublie le resto le soir, place à l'aperitivo !

Découverte des cours

Déjà une semaine de cours de passée, j'ai pu avoir une petite idée de ce que sont les cours à Politecnico. Je n'irai pas jusqu'à étendre à toute l'Italie, mais mon coloc, qui sort de l'université de Palermo, me dit que c'est le même principe là-bas.
Tout d'abord, ce n'est pas parce qu'il y a marqué 8h15 qu'il faut être là à 8h15. Ni même à 8h30. En fait on arrive quand on veut. Et surtout pas de panique si on doit traverser le campus entre un cours qui finit à 10h15 et un autre qui commence à 10h15. Il y a largement le temps de prendre le café. Parce qu'un cours qui commence en théorie à 8h15 pour finir (toujours en théorie) à 10h15, dure en pratique moins 1h15 à 1h30. La règle : on arrive 1/4h en retard pour finir 1/4h en avance, avec parfois une pause au milieu. J'ai eu comme ça un cours qui affichait 3h sur l'emploi du temps (15h15-18h15) et qui n'en a duré que deux : début à 15h30, pause à 16h20 puis à 17h, fin à 17h45. J'adore !
Ensuite, en cours, on entre et on sort quand on veut. Au début ça me gênait de partir au milieu du cours quand on n'était que 20 ou 30 dans la salle (ça se voit beaucoup plus que dans un amphi de 150 personnes quand même) ; mais visiblement c'est monnaie courante ici. Et les gens arrivent en retard, entrent et sortent, sans que le prof ne sourcille ni ne s'interrompe !
En ce moment, je vais au cours qui m'intéressent pour essayer de me composer une liste d'UV, qui doit être rendue pour le 15 novembre (ne nous pressons pas !)

Politecnico

Il n'y a pas à dire, les bâtiments sont beaux. Pour moi ça change de l'UTC... Vous imaginez, étudier là dedans ?
Mais les bâtiments sont grands aussi, et le campus s'étale... Où aller le premier jour, quand on débarque et qu'on n'a que le nom de la personne à contacter ? Bah on demande, on se fait indiquer des bureaux où on redemande, jusqu'à finalement trouver le bureau. Très loin du beau bâtiment qu'on voit sur la droite. Pour les futurs Erasmus à Politecnico : c'est via Golgi 40.
Et là, la surprise : il faut prendre son ticket comme à la poissonnerie ! Je suis chanceuse, seulement une douzaine de personnes avant moi (pour un autre bureau, ils sont une centaine dans la file...) Les numéros appelés sont affichés sur des écrans dans la grande salle d'attente, avec le nombre de personnes en attente pour chacun des bureaux. 3/4h plus tard, c'est mon tour... mais c'est juste pour prendre rendez-vous, je reviendrai deux jours plus tard... Deux jours plus tard, j'arrive à mon rendez-vous, je reçois les papiers officiels et le guide des étudiants étranger. Je rejoins une demi-douzaine de personne dans un bureau, où des membres de l'ESN (Erasmus Student Network, équivalent de l'asso Esperanto à l'UTC) nous disent en vrac tout ce qu'il y a à faire, où aller... Trop d'informations, j'en oublie la moitié, l'essentiel est de retenir où se trouve le bureau de l'ESN ! Là, ils font le plus important : la carte de membre qui permet d'entrer gratuitement dans les soirées Erasmus :)

Prochain objectif : choisir des UV. La moitié de celles que j'ai choisies sont seulement au deuxième semestre :( Et l'autre moitié risque de changer aussi, avec les incompatibilités d'emploi du temps... et il n'y a pas d'outil qui dit automatiquement si l'emploi du temps est cohérent ou s'il faut changer des matières, on fait ça à la main !

Pour me changer les idées, ce soir c'est soirée Erasmus !

Mission logement, épisode 3

De retour de vacances, je me suis enfin installée dans mon nouveau chez-moi, et j'ai enfin rencontré ma deuxième coloc ! J'avais rencontré Salvatore juste avant de partir en vacances, il était déjà installé, mais Leticia est arrivée vendredi dernier seulement. Lui est italien, elle est espagnole : c'est l'auberge italienne ! (pour ce qui est de l'ambiance bon enfant uniquement, laissez tomber le reste de l'histoire...)
On s'entend bien tous les trois, je sens que le semestre va être une sacrée expérience :)

A part ça, mes parents sont arrivés aujourd'hui avec le reste de mes affaires, j'ai commencé à envahir la chambre : je suis vraiment installée !

Prochaine mission maintenant : la découverte de Politecnico et l'inscription !